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Les points clés de cet article
- Aptitude professionnelle, carte, garantie financière, assurance, formation continue : ce qui pèse sur le réseau, et ce qui pèse sur vous.
Quatre conditions ouvrent le droit d'exercer dans l'immobilier, et une carte professionnelle vient les couronner. Selon que vous ouvrez votre propre agence ou rejoignez un réseau, elles ne pèsent pas sur les mêmes épaules — et personne ne vous le dira spontanément en réunion de recrutement.
Si vous hésitez encore entre les différentes façons d'entrer dans le secteur, commencez plutôt par les 4 voies d'entrée dans l'immobilier en réseau.
Ce que la loi exige avant de délivrer la carte
L'activité est encadrée par la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et ses décrets d'application. La carte professionnelle n'est pas une obligation parmi d'autres : c'est le résultat de quatre conditions que le texte énumère, et qui doivent être remplies avant qu'elle ne soit délivrée.
- L'aptitude professionnelle. C'est la condition la plus discriminante à l'entrée, et celle dont on parle le moins : elle s'établit par un diplôme, un titre, ou une expérience professionnelle dont la durée varie selon votre niveau de formation. Faites-la vérifier avant d'engager quoi que ce soit dans un projet d'agence.
- La garantie financière, dès lors que vous détenez des fonds pour le compte de tiers.
- L'assurance de responsabilité civile professionnelle, sans exception.
- L'absence d'incapacité ou d'interdiction d'exercer au sens des titres II et II bis de la loi.
La carte est ensuite délivrée par le président de la chambre de commerce et d'industrie territoriale — et non par la préfecture, contrairement à ce qu'on lit encore souvent : la compétence a été transférée aux CCI le 1er juillet 2015. Elle est valable trois ans et se renouvelle pour la même durée.
Ces conditions ne sont pas des formalités administratives : elles déterminent ce que vous avez le droit de faire, et ce que vous ne pouvez pas faire.
Sous votre carte, ou sous celle du réseau
Si vous ouvrez une agence, la carte est la vôtre. Vous en portez les conditions d'obtention, le renouvellement et la responsabilité. C'est le cas chez Century 21, Laforêt ou Cimm Immobilier.
Si vous rejoignez un réseau de mandataires comme iad France, vous exercez sous la carte du réseau, au moyen d'une attestation d'habilitation visée par le président de la CCI compétente puis délivrée par le titulaire de la carte. À noter : l'habilitation suppose elle aussi de justifier d'une compétence professionnelle, de votre qualité et de l'étendue de vos pouvoirs.
La conséquence est concrète, et rarement expliquée à l'entrée. Un agent commercial habilité ne peut pas :
- recevoir, détenir ou disposer de sommes d'argent, biens, effets ou valeurs — y compris un simple dépôt de garantie ;
- donner des consultations juridiques ni rédiger des actes sous seing privé, à la seule exception des mandats conclus au profit du titulaire de la carte ;
- assurer la direction d'un établissement, succursale, agence ou bureau.
La deuxième interdiction est celle qui pèse le plus au quotidien, et c'est aussi celle qu'on oublie : rédiger un compromis ou conseiller un client sur une clause n'entre pas dans votre périmètre. Votre autonomie commerciale est réelle. Votre autonomie juridique ne l'est pas. C'est l'une des différences de fond entre les deux modèles, que nous comparons dans mandataire ou agence immobilière.
La garantie financière : qui la souscrit, et pour combien
Elle n'est pas systématique en transaction. Elle devient obligatoire dès qu'il y a détention de fonds. Une agence qui pratique uniquement la transaction sans jamais détenir de fonds peut s'en dispenser, sur déclaration de non-détention.
Attention à une évolution récente, si votre projet inclut de la gestion. Depuis le 17 juillet 2025, cette dispense est fermée à deux activités précises : la gestion immobilière et le syndic de copropriété. Sur celles-là, la garantie financière est obligatoire, sans dérogation possible. C'est un point à vérifier si vous envisagez la gestion locative, souvent présentée comme une porte d'entrée légère du secteur.
Lorsqu'elle est requise, son montant minimum est de 30 000 € pendant les deux premières années d'exercice, puis 110 000 €. Ce sont des planchers : le montant réel est calculé sur les fonds que vous détenez. Le régime des deux premières années ne s'applique pas si l'un des dirigeants de la société a déjà exercé sous ce statut.
La question à poser à la tête de réseau, mot pour mot : la garantie financière est-elle souscrite au niveau du réseau ou par chaque exploitant, et à quel coût annuel pour moi ?
La formation continue : quarante-deux heures, et elle ne concerne pas que les titulaires de carte
C'est le point que la plupart des candidats découvrent après coup, et il comporte deux pièges.
Le volume et son contenu imposé. L'obligation est de quatorze heures par an, ou quarante-deux heures sur trois années consécutives. Sur ces trois ans, deux blocs sont imposés et ne se remplacent pas l'un l'autre : au moins deux heures portant sur la non-discrimination à l'accès au logement, et au moins deux heures portant sur les autres règles déontologiques. Soit quatre heures fléchées au minimum, et non deux — la règle a changé le 1er janvier 2021, et beaucoup de contenus en ligne publient encore l'ancienne.
Le périmètre. L'obligation ne vise pas seulement les titulaires de carte. Elle s'applique aussi aux personnes habilitées, salariées ou non — donc aux mandataires, qui n'ont pourtant aucune carte à renouveler. Vous devez transmettre vos justificatifs au titulaire de la carte qui vous a habilité, après chaque formation. Si un recruteur vous laisse entendre que ces heures ne vous concernent pas parce que vous êtes mandataire, c'est faux.
Beaucoup de réseaux intègrent cette obligation à leur offre. D'autres la facturent à part. Sur trois ans, la différence n'a rien d'anecdotique : faites préciser si la formation initiale et la formation continue obligatoire sont comprises dans ce que vous versez au réseau, et ce qui reste à votre charge. La lecture complète de ces prélèvements est détaillée dans commission et rétrocession : lire une offre de réseau.
Les cinq questions à poser sur ce sujet précis
- Mon aptitude professionnelle est-elle acquise, et sur quelle base — diplôme, titre ou expérience ?
- Sous quelle carte professionnelle vais-je exercer, et que se passe-t-il si je quitte le réseau en cours d'année ?
- La garantie financière est-elle portée par le réseau, et à quel coût pour moi ? Mon activité inclut-elle de la gestion, qui la rend obligatoire ?
- L'assurance de responsabilité civile professionnelle est-elle une police de groupe, ou dois-je souscrire la mienne — et qui doit en justifier ?
- Les quarante-deux heures de formation continue sont-elles incluses, ou facturées en supplément ?
Ces réponses figurent rarement dans une plaquette de recrutement. Elles figurent en revanche dans le contrat qui vous sera proposé — contrat de franchise, contrat de licence ou contrat d'agent commercial selon le modèle — et doivent vous être confirmées par écrit avant toute signature.
L'avis Les Meilleures Franchises
Un réseau qui porte la carte, la garantie et l'assurance vous simplifie l'entrée. Il vous rend aussi dépendant : le jour où vous partez, vous ne partez pas seulement avec vos clients, vous partez sans habilitation.
Ce n'est pas une raison de refuser ce modèle — c'est une raison de savoir, avant de signer, ce qu'il vous faudrait pour exercer sous votre propre carte si vous décidiez un jour de voler de vos propres ailes. À commencer par l'aptitude professionnelle : c'est la condition qui ne s'achète pas et qui ne se délègue pas. Posez la question au recruteur. La façon dont il y répond vous en apprendra autant que la réponse elle-même.
→ La check-list complète avant engagement : avant de signer un contrat de franchise
→ Où lire ces informations dans le document précontractuel : lire un DIP
Vous hésitez sur le réseau le plus cohérent avec votre profil et votre apport ? Geoffrey peut vous aider à y voir clair lors d'un échange personnalisé.







